mardi 23 mai 2017

UN POÈME DE LINE SZÖLLÖSI

Le viaduc

Le viaduc multiplie le ciel à travers ses arcs
avance de son pas de pierres
dans ses jambages la mer mène ses brebis à paître
tourné vers le large, il brode l'horizon
un voilier circule de travée en travée
signale d'écume son point de fuite
un liseron de silence, clairière renouvelée

et quand la nef aura nagé de case en case
jusqu'à sortir du cadre
de la pierre et de la mer l'embrassement
sciences et techniques, pleins et déliés
cet alphabet dira peut-être l'énigme
de ce voyage immobile
là, précis, devant l'immensité.

(Verso n°169)

lundi 22 mai 2017

TEMPS D'ICI ET DE LÀ-BAS de Geneviève Raphanël

Valérie Canat de Chizy a recensé le livre de Geneviève Raphanël (invitée de la lecture du 19 mai 2017), sur le site Terre à ciel.

Nous reproduisons sa chronique ci-dessous :

Geneviève Raphanël, Temps d’ici et de là-bas. Rougerie, 2016
 
Geneviève Raphanël nous offre un recueil à la lenteur envoûtante. L’écriture avance au rythme de la marche du cheval, du tintement du grelot, du regard porté sur le paysage. Un paysage en demi-teintes, noir, gris, blanc, comme les photos d’autrefois. Le temps de là-bas n’est pas un temps de couleurs et de joie, mais est le temps d’antan, aux âmes grises. Il y a l’absence, les regrets, ceux qui ne sont plus. Il y a la guerre, peut-être celle de 14-18, les soldats, les morts. Geneviève Raphanël évoque un temps révolu, où l’on entendait le roulement des charrettes, où existaient encore des métiers comme celui de chiffonnier. Si l’ombre plane sur le recueil, il n’en demeure pas moins que celui-ci diffuse une douceur apaisante. Ici, le mouvement est bercement ; ni cris, ni agitation, mais frémissement, tintement. Nous sommes en présence d’infimes manifestations de la vie, une vie en pointillés, celle de la campagne, dans laquelle se manifeste juste ce qui est, dans la nature et le vivant.

À l’entour
des oiseaux taisent
leur rire
bosquets clairsemés
nuages aux guenilles
tremblotantes


Ainsi, on n’attend rien / Du linge sèche sur la corde.
La joie émerge du temps d’ici, celui de l’instant, quand volent / papillons et pétales / blancs. Mais ce temps d’ici n’est-il pas encore celui d’autrefois, revisité ? Ainsi, les temps se superposent, le présent revêt les parures du souvenir. Le souvenir, qui émerge parfois distinctement, comme à la fin du recueil, quand la poète se souvient d’elle, petite.

Un lit blanc. Les montants ont des boules de cuivre qui luisent à la lueur du feu. Lit d’enfant qui dure, qui est passé de chambre en chambre, qui a traversé le temps, on dirait.
Boules de neige, boules de feu, boules de cuivre qui étincellent à la clarté des flammes.
Je m’agrippe aux barreaux. Je veux voir la neige tomber.
[…]
On cherche le plus vieux souvenir.


https://www.terreaciel.net/Lu-et-approuve-janvier-2017#.WSLA3W6kIdV

LECTURE VERSO DU 19 MAI 2017

La lecture Verso du 19 mai 2017, présentée par Alain Wexler, a réuni Isabelle Poncet-Rimaud, Geneviève Raphanël et Carole Dailly.


Alain Wexler présente la soirée


 Isabelle Poncet-Rimaud


Geneviève Raphanël, accompagnée à la guitare par Xavier Lassablière
 

Carole Dailly

Crédit photo : Josette Vial

VERSO N°169 : GOUFFRES


Au sommaire de ce numéro
Patrick Beaucamps, Marc Bonetto, Julien Boutreux, Ferruccio Brugnaro, Roger Carbonnier, Antoine Carrot, Stéphane Casenobe, Marie-Philippe Deloche, Muriel Compère-Demarcy, Colette Daviles-Estinès, Sandrine Davin, Michel Gendarme, Marc Gratas, Alain Guillard, Miloud Keddar, Jean-Luc Lamouille, Michel L'hostis, Lodi, Arnaud Martin, Olivier Millot, Jean Monnet, Ivan de Montbrison, Marianic & Jean-Pierre Parra, Grégory Parreira, Jean-Paul Prévost, Marc Rébéna, Christine de Rosay, Basile Rouchin, Eric Savina, Sébastien, William Shakespeare, Line Szöllösi, Jacques Vincent.

Chronique de Thésée sur Bernard Noël
En salade par Christian Degoutte
Le cinéma par Jacques Sicard 
Chronique artistique de Miloud Keddar
Notes de lecture de Jean-Christophe Ribeyre, Valérie Canat de Chizy, Alain Wexler

mardi 11 avril 2017

LECTURE VERSO DU 7 AVRIL 2017

La lecture Verso du 7 avril 2017 a réuni Miloud Keddar, Bernard Deglet et Christian Degoutte




Bernard Deglet


Christian Degoutte


Miloud Keddar

lundi 27 mars 2017

VERSO N°168 : J'AIMERAIS TE CONNAÎTRE




Au sommaire de ce numéro :
William Shakespeare (traduit par Mermed), Gérard Lemaire, Jeanpyer Poëls, François Charvet, Jacques Vincent, Muriel Carrupt, Michel Gendarme, Carole Dailly, Valérie Canat de Chizy, Clément Bollenot, Xavier Lapeyroux, Chloé Landriot, Alain Guillard, Philippe Mollaret, Tristan Allix, Kiko, Pauline Ségalat, Patrice Blanc, François Teyssandier, Denis Hamel, Cécile Ochsenbein, Willem Hardouin, André Sagne, Hubert Fréalle, Eric Savina, Bénédicte Bontjoie, Patrick Picornot

 En salade par Christian Degoutte
Le cinéma par Jacques Sicard 
Chronique artistique de Miloud Keddar
Notes de lecture de Jean-Christophe Ribeyre, Valérie Canat de Chizy, Alain Wexler


EXTRAITS



gérard lemaire



à une libraire



Si je savais te dire adorable

Si je pouvais te le dire


Ce tourment m’accable
Tu bats dans l’artère sur ma tempe

Ô toute ensorcelante
Si fragile

à qui donnes-tu ta main
Si tu la donnes quelquefois

Ton visage n’a aucune réponse
Il ne fait que creuser la question

Quel est ton choix
Ô finesse de tes traits de Diane pour mon inquiétude

On t’aime dans cette liberté
    Cet à peine défi trop silencieux

***
 

denis hamel


l’anniversaire du poète

son sang coule de plus en plus vert
ses cheveux ont pris feu sur sa tête
et quand il rentre chez lui fatigué
il meurt déjà dans le ventre de sa mère

trente-huit crânes sont disposés
sur des étagères en bois de rosier
et les fleurs de jasmin se jettent
au visage des filles qu’il a courtisées

en vain tes années tombent et les images
les livres lus et oubliés
sans profit aucun puisque lire ne suffit pas
il faut d’abord observer les nuages

les merveilleux nuages aux sourires d’anges
qu’ils soient teintés d’orange ou bien de rouge
lorsque la vision est troublée par le vin
ou l’ennui d’un paradis sans amour