mardi 11 avril 2017

LECTURE VERSO DU 7 AVRIL 2017

La lecture Verso du 7 avril 2017 a réuni Miloud Keddar, Bernard Deglet et Christian Degoutte


Miloud Keddar


Bernard Deglet


Christian Degoutte

lundi 27 mars 2017

VERSO N°168 : J'AIMERAIS TE CONNAÎTRE




Au sommaire de ce numéro :
William Shakespeare (traduit par Mermed), Gérard Lemaire, Jeanpyer Poëls, François Charvet, Jacques Vincent, Muriel Carrupt, Michel Gendarme, Carole Dailly, Valérie Canat de Chizy, Clément Bollenot, Xavier Lapeyroux, Chloé Landriot, Alain Guillard, Philippe Mollaret, Tristan Allix, Kiko, Pauline Ségalat, Patrice Blanc, François Teyssandier, Denis Hamel, Cécile Ochsenbein, Willem Hardouin, André Sagne, Hubert Fréalle, Eric Savina, Bénédicte Bontjoie, Patrick Picornot

 En salade par Christian Degoutte
Le cinéma par Jacques Sicard 
Chronique artistique de Miloud Keddar
Notes de lecture de Jean-Christophe Ribeyre, Valérie Canat de Chizy, Alain Wexler


prologue par alain wexler

J’aimerais te connaître

Il y a dans chaque visage une énigme, un défi. Ne serait-ce qu’une histoire en cours. Celui qui s’y introduirait bouleverserait un ordre fragile ou pesant comme une muraille.
Un visage questionne. Avec le bruit des pas qui s’éloigne, le silence tombe tel les cheveux sur ses épaules. Un sillage se creuse près du naufrage de l’oubli. Nous ajouterons la mémoire des naufragés. Une grève nue, un espace inconnu.
Voici le choix vertigineux : se perdre en soi comme dans un rêve ou se perdre dans l’autre à la profondeur insoupçonnable.
Piéton qui chemines le visage fermé, pourras-tu échapper à la résonance de ce visage croisé dans la rue ? Quoique l’ombre qu’il recèle puisse ne pas résister à la lumière.
L’audacieux voit une invitation sur les lèvres, il les prend pour des mots. Sinon ce visage ne serait qu’interminable absence !
Il existe des mots comme des vagues, des êtres aussi vers lesquels on se précipite et qui vous entraînent, vous roulent comme la mer sur le sable. J’aimerais vous connaître de plein fouet !
La vague retombe, les lèvres se figent, le sommeil ferme vos yeux. Aucune œuvre n’est achevée. Comment en connaître une ?
Ô Espace sans nom, toujours inachevé.
Miraculeusement fécond !
La fuite est inévitable. Vers l’autre que tu ne connais pas, que tu nommes pour oublier la peur.
Ou pour vaincre le temps dans l’inachèvement.
«Pourtant je me souviens de vous. J’aimerais vous connaître mieux.»

Je n’en ai pas eu le temps suite à un événement qui m’a bouleversé : la rencontre d’Olympia. La perfection faite femme...
A ceux qui me disent qu’elle n’est que l’ombre d’une femme, je répond que l’ombre souvent révèle la lumière !


EXTRAITS



gérard lemaire



à une libraire



Si je savais te dire adorable
Si je pouvais te le dire

Ce tourment m’accable
Tu bats dans l’artère sur ma tempe

Ô toute ensorcelante
Si fragile

à qui donnes-tu ta main
Si tu la donnes quelquefois

Ton visage n’a aucune réponse
Il ne fait que creuser la question

Quel est ton choix
Ô finesse de tes traits de Diane pour mon inquiétude

On t’aime dans cette liberté
    Cet à peine défi trop silencieux

***
 
muriel carrupt



Poursuite de la résonnance

Inouïe

Ma résonnance s’élève au dessus de moi
Circule
Diffuse

Tantôt écrasée
Tantôt émerveillée
Dans le secret du sommet
Je rejoins
L’Arche de Noé
Bateau inversé
Vogue au ras du ciel


Cathédrale itinérante
Rejette toutes les reliques
Nous accueille dans son ventre
Sous de simples tuiles
En terre
Cuite

***


denis hamel



l’anniversaire du poète

son sang coule de plus en plus vert
ses cheveux ont pris feu sur sa tête
et quand il rentre chez lui fatigué
il meurt déjà dans le ventre de sa mère

trente-huit crânes sont disposés
sur des étagères en bois de rosier
et les fleurs de jasmin se jettent
au visage des filles qu’il a courtisées

en vain tes années tombent et les images
les livres lus et oubliés
sans profit aucun puisque lire ne suffit pas
il faut d’abord observer les nuages

les merveilleux nuages aux sourires d’anges
qu’ils soient teintés d’orange ou bien de rouge
lorsque la vision est troublée par le vin
ou l’ennui d’un paradis sans amour